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Historique

Historique

 

Histoire de la naturopathie

 

L’histoire nous rappelle, sans l’ombre d’un doute, que les premiers outils de guérison utilisés par l’homme furent les thérapies naturelles et elles ont joué un rôle important dans l’histoire médicale de l’humanité. L’évolution de la naturopathie a connu plusieurs rebondissements au cours de l’histoire et il est primordial de comprendre celle-ci pour être capable de remettre dans le contexte, la situation présente, dans laquelle nous vivons actuellement, en regard de la profession.

 

D’une part, l’histoire nous indique que la médecine hippocratique est en grande partie responsable des fondements naturopathiques actuels. Celle-ci fut diffusée à travers le monde du IXe à la fin du XIIIe siècle. Le vitalisme véhiculé par cette philosophie est toujours demeuré la pierre angulaire de la naturopathie moderne.

 

Au cours de l’histoire, on a connu par la suite ce qu’on appelle les courants néo-hippocratiques.

 

1. L’Allopathie

 

Un groupe de médecins grecs, les Cnidiens, fondèrent une école de médecine issue de l’enseignement d’Aristote, le père du rationalisme. Ils enseignaient la théorie des contraires qui s’opposaient aux symptômes. Plusieurs siècles plus tard, Galien, médecin romain d’origine grecque, par ses découvertes, apporta une grande influence sur la médecine jusqu’au milieu du XVIIe siècle. Il croyait que la maladie était avant tout localisée et répertoriable. Sa vision analytique s’opposait donc à la vision synthétique d’Hippocrate. Les Romains qui dominaient le monde à cette époque adopta d’emblée cette philosophie. Puis, Descartes, en France au XVIIe siècle, vint renforcer cette pensée.

 

2. L’homéopathie

 

Un dernier sursaut du courant hippocratique apparut au XVIIe siècle, avec la théorie des semblables, qui était alors prôné par Hahnemann. Les homéopathes se sont retrouvés à ce moment de l’histoire en tête de file du courant empirique européen. La découverte des substances chimiques puissantes allait cependant marquer le retour en force du courant rationaliste.

 

3. La naturopathie

 

En 1967, on assiste à un renouveau de la philosophie hippocratique que le médecin Carton enseignait à cette époque et qui permit l’émergence du mouvement naturiste français.

 

La médecine en Amérique.

 

Les deux conceptions médicales dominantes en Europe se firent la lutte pour leur suprématie. Au début de la colonisation américaine, la médecine était de prime abord familiale. La première école de médecine fut ouverte en 1765 qui devint par la suite l’Université de Philadelphie. En 1850, 42 écoles de médecine virent le jour à travers les États-Unis.

 

Quatre grands courants occupèrent la scène médicale pendant cette période d’implantation.

 

1. Le courant rationaliste

Les partisans de cette école avaient étudié en Europe ou avaient suivi l’enseignement par tutorat en Amérique. En 1871, l’Université Harvard créa le premier programme de formation médicale complet de quatre ans.

2. Le courant hygiéniste

Vers 1830, un autre courant émergea en Amérique, celui de l’école hygiéniste issu du mouvement de naturisme européen.

3. Le courant homéopathique

Dès 1840, la profession homéopathique s’implanta également en Amérique. La première école homéopathique fut fondée à Cleveland en 1850.

4. Le courant éclectique

Ce courant était constitué de médecins dissidents qui désiraient toutefois maintenir des standards de la pratique. Il s’agissait d’une synthèse de la matière médicale, des traditions herboristes autochtones, homéopathiques et d’autres pratiques populaires. Cette philosophie servit de base à la première école de naturopathie fondée par Bénédict Lust.

Les regroupements

 

L’Association médicale américaine (AMA) fût fondée vers 1846. Elle regroupait à cette époque les rationalistes, les homéopathes et les éclectiques. L’AMA publia son premier code national d’éthique médicale, lequel comprenait la promulgation de nouvelles lois pour la reconnaissance légale ainsi que la création d’un système approprié de formation médicale.

 

Le rapport Flexner, en 1910, allait définitivement établir la suprématie de la profession médicale. Celui-ci recommandait que soit enseignée l’approche rationnelle dans les écoles de médecine. De plus, il suggérait que soit supprimé l’enseignement dit populaire, soit l’approche éclectique et homéopathique. Un comité fut formé pour évaluer les 160 écoles à l’époque. Les écoles de courant éclectique et homéopathique furent déclassées et on injecta alors des sommes importantes dans les écoles médicales qui avaient adopté les recommandations du rapport Flexner. Elles se sont vues octroyer les faveurs de plusieurs fondations.

 

En 1916, 39,000 médicaments étaient sur le marché et la majorité des magazines médicaux étaient financés par les commanditaires de médicaments. Les médecins adoptèrent peu à peu une philosophie orientée dans le sens dictée par l’industrie pharmaceutique. Ceci permit à l’AMA de faire progresser la reconnaissance médicale excluant toutes les autres approches.

 

C’est à cette époque que Bénédict Lust fonda à New York la première école américaine de naturopathie. La première génération de naturopathe d’Amérique y vit le jour, vers 1902. Le courant naturopathique remporta plusieurs succès face à plusieurs maladies pour lesquelles les autres médecines de l’époque ne pouvaient rien faire. Mais dans les années 40, avec l’apparition des vaccins et des antibiotiques et la mort de Lust, la naturopathie subit un éclatement.

 

La renaissance de la naturopathie au XXe siècle

 

Vers les années 60, la population commenca à se désenchanter tranquillement de la médecine conventionnelle, lorsqu’on réalisa qu’elle avait ses propres limites dans le traitement de plusieurs maladies graves dont le cancer et les autres maladies dégénératives. Cela allait donner un nouvel essor aux pratiques alternatives.

 

En Amérique

 

À la mort de Lust, pratiquement toutes les écoles de naturopathie avaient disparu. La seule encore en fonction, était le Collège national de médecine naturopathique. En 1978, le College Bastyr de médecine naturopathique fut fondé à Seattle. Pizzorno, son fondateur, a grandement contribué à la reconnaissance de la profession aux États-Unis. À ce jour, la naturopathie a été légalisée dans dix états américains.

 

Le Canada anglais

 

En 1964, une Commission royale sur les soins de santé publiait une étude qui reconnaissait la naturopathie au Canada dans cinq provinces. On comptait environ 500 naturopathes canadiens qui avaient été formés du coté américain. L’association canadienne de naturopathie (CNA) a été reconnue par le gouvernement fédéral en 1955. Elle a pour mandat de regrouper toutes les associations provinciales de naturopathie au Canada.

 

Ailleurs dans le monde, c’est la reconnaissance légale ou la tolérance. La majorité des compagnies d’assurances en Amérique du Nord couvrent les frais des soins naturopathiques. Les tribunaux commencent à accepter les témoignages de naturopathes à titre d’experts. Les frais naturopathiques sont déductibles de l’impôt fédéral. Toutes ces réalités viennent confirmer un pas vers la reconnaissance officielle de la naturopathie. Mais le Québec n’évolue pas au même rythme que le reste du Canada.

 

Le Québec

 

Dans l’état actuel de la législation, seul un médecin membre de la Corporation des médecins est autorisé à pratiquer la médecine. La chiropractie, l’acupuncture et les sages-femmes sont les seuls à bénéficier d’une législation leur permettant de pratiquer dans un champ d’exercice spécifique. Plusieurs thérapies naturelles sont offertes au public, même si aucun contrôle de l’État n’ait été établi à ce jour pour eux.

 

La médecine traditionnelle des Indiens d’Amérique qui a toujours privilégié une approche globale a eu une grande influence sur nos courants naturopathiques. Mais ces pratiques furent rapidement dénigrées par les partisans de l’école rationaliste originaire d’Europe. Colonisée par les mêmes populations européennes que celles des États-Unis, la population du Québec a cependant été beaucoup plus influencée par la culture française et notre conception de la naturopathie nous est venue principalement de la France.

 

Référence : MAGNY, Jean-Claude n.d., La naturopathie apprivoisée, Éditions de Mortagne, Boucherville, 1996.